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Aperçu de l'arrêt

ARRET N° 138 du 11/05/2022

 

CONSEIL D'ETAT

 

ANNULATION PARTIELLE

REQUETE N° 2017-330 REP DU 18 OCTOBRE 2017

 

ARRET N° 138

GOUEDAN N’DJEKOU LOUIS N’SOUA AGBASSI JEAN MOBIO LOBA JEAN-BAPTISTE AKO BOLI NESTOR AGBASSI AGBASSI PAUL GADJI DOGBO OSCAR C/ PREFET DU DEPARTEMENT D’ABIDJAN

 

AU NOM DU PEUPLE IVOIRIEN

AUDIENCE PUBLIQUE ORDINAIRE DU 11 MAI 2022

 

 

MONSIEUR KOBON ABE HUBERT, PRESIDENT

 

CONSEIL D'ETAT

     

LE CONSEIL D'ETAT,

 

Vu      la requête, enregistrée le 18 octobre 2017 au Secrétariat Général de la Cour Suprême sous le numéro 2017-330 REP, par laquelle messieurs GOUEDAN N’djékou Louis, patriarche du village de Yopougon Kouté, N’SOUA Agbassi Jean, MOBIO Loba Jean-Baptiste, AKO Boli Nestor, AGBASSI Agbassi Paul et GADJI Dogbo Oscar,  ayant pour Conseil le Cabinet d’Avocats BINATE Bouaké, Avocats près la Cour d’Appel d’Abidjan, y demeurant, Treichville, Arras 4, immeuble BICICI, 1er étage, porte numéro 1, téléphone 27 21 24 92 13, 05 boîte postale 2240 Abidjan 05, sollicitent, de la Chambre Administrative de la Cour Suprême, l’annulation pour excès de pouvoir des actes suivants :

- l’arrêté n° 003/PA/CAB du 21 janvier 2016 du Préfet du Département d’Abidjan portant prorogation de période d’intérim et reconduction de monsieur AGBASSI Appoh Aimé en qualité de Chef intérimaire du village de Yopougon-Kouté, Commune de Yopougon, assisté de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’Adjoint ;

- l’arrêté   n° 007/PA/CAB  du  10  février  2017  du  Préfet  du Département d’Abidjan   portant   prorogation  de  période   d’intérim  et  reconduction     de    monsieur   AGBASSI    Appoh    Aimé    en     qualité     de        Chef       intérimaire      du      village      de     Yopougon-Kouté, Commune de Yopougon, assisté de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’Adjoint ;

Vu       les actes attaqués ;

Vu       les autres pièces du dossier ;

Vu       les réquisitions écrites du Procureur Général près la Cour Suprême, parvenues le 03 avril 2018 au Secrétariat de la Chambre Administrative et tendant à l’annulation des actes attaqués ;

Vu       les pièces desquelles il résulte que le Préfet du Département d’Abidjan, à qui la requête, le 21 février 2018, et le rapport, le 21 février 2022, ont été notifiés, n’a pas déposé d’écritures ;
Vu       les pièces desquelles il résulte que monsieur AGBASSI Appoh Aimé, bénéficiaire des actes attaqués, à qui la requête, le 21 février 2018, et le rapport, le 21 février 2022, ont été notifiés, n’a pas déposé d’écritures ;

Vu       les pièces desquelles il résulte que le Procureur Général près la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat, à qui le rapport a été transmis le 21 février 2022, n’a pas déposé de réquisitions écrites ;

Vu       les observations écrites après rapport de monsieur GOUEDAN N’djékou Louis et autres, parvenues le 28 février 2022 au Greffe du Conseil d’Etat, par le canal de leur Conseil et tendant à l’annulation des actes attaqués ;

Vu     l’extrait d’acte de décès n° 3387 du 12 octobre 2015 du registre des actes de l’état civil de la Commune de Treichville de AKOUMAN Ernest ;

Vu       la loi n° 94-440 du 16 août 1994, déterminant la composition, l’organisation, les attributions et le fonctionnement de la Cour Suprême, modifiée et complétée par la loi n° 97-243 du 25 avril 1997 ;

Vu       la loi n° 2018-978 du 27 décembre 2018 déterminant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil d’Etat ;

Vu       la loi organique n° 2020-968 du 17 décembre 2020 déterminant les attributions, la composition, l’organisation et le fonctionnement du Conseil d’Etat ;

Ouï    le Rapporteur ;

           Considérant que, par arrêté n° 003/PA/CAB du 21 janvier 2016, le Préfet du Département d’Abidjan a reconduit monsieur AGBASSI Appoh Aimé en qualité  de  Chef  intérimaire  du  village de  Yopougon-Kouté,  Commune  de Yopougon, pour une période complémentaire de trois (03) mois, allant du 21 janvier au 21 avril 2016, assisté de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’adjoint ;

           Que, par un autre arrêté n° 007/PA/CAB du 10 février 2017, le Préfet du Département d’Abidjan a reconduit monsieur AGBASSI Appoh Aimé en qualité de Chef intérimaire du village de Yopougon-Kouté, Commune de Yopougon, pour une période de trois (03) mois complémentaire, assisté de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’adjoint ;

           Qu’estimant illégaux ces actes, monsieur GOUEDAN N’djékou Louis et autres, ont, le 18 octobre 2017, saisi la Chambre Administrative aux fins de leur annulation, après un recours gracieux du 20 avril 2017 demeuré sans suite ;

EN LA FORME

            Considérant que la requête a été introduite suivant les conditions de forme et de délais prescrites par la loi ; qu’elle doit être déclarée recevable ;

AU FOND

           Considérant que monsieur GOUEDAN N’djékou Louis et autres, pour solliciter l’annulation des actes attaqués, invoquent deux moyens tirés, l’un, du vice de forme, et l’autre, de la violation de la loi ;

SUR LE MOYEN D’ILLEGALITE TIRE DU VICE DE FORME

            Considérant que les requérants font grief aux actes attaqués d’avoir nommé et confirmé monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’adjoint au Chef intérimaire du village de Yopougon-Kouté, Commune de Yopougon, alors qu’il est établi, comme résultant de l’extrait d’acte de décès n° 3387 du 12 octobre 2015 du registre des actes de l’état civil de la Commune de Treichville, que celui-ci est décédé depuis le 10 octobre 2015 au Centre Hospitalier Universitaire de Treichville ;

           Considérant que la personnalité juridique est l'aptitude pour une personne à être sujet de droit ; que cette personnalité juridique cesse avec la mort ; qu’en conséquence, une personne décédée ne peut être bénéficiaire d’un acte pris par une autorité administrative ;

           Considérant qu’en l’espèce, il résulte de l’extrait d’acte de décès n° 3387 du 12 octobre 2015 du registre des actes de l’état civil de la Commune de Treichville que Akouman Nandjui Ernest est décédé le 10 octobre 2015 ; qu’ainsi, les arrêtés portant sa nomination, en 2016 et en 2017, en qualité d’adjoint au Chef du village de Yopougon-Kouté par le Préfet du Département d’Abidjan, doivent être annulés en ce qui le concerne, sans qu’il soit besoin de statuer sur le second moyen relatif à la mention du nom de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest ;

 

D E C I D E

Article 1er :  la requête n° 2017-330 REP du 18 octobre 2017 de monsieur GOUEDAN N’djékou Louis et autres est recevable et partiellement fondée ;
Article 2 :     sont partiellement annulés, en leurs dispositions concernant feu AKOUMAN Mandjui Ernest :

- l’arrêté n° 003/PA/CAB du 21 janvier 2016 du Préfet du Département d’Abidjan portant prorogation de la période d’intérim et la reconduction de monsieur AGBASSI Appoh Aimé en qualité de Chef intérimaire du village de Yopougon-Kouté, Commune de Yopougon, assisté de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’Adjoint ;

- l’arrêté n° 007/PA/CAB du 10 février 2017 du Préfet du Département d’Abidjan portant prorogation de la période d’intérim et la reconduction de monsieur AGBASSI Appoh Aimé en qualité de Chef intérimaire du village de Yopougon-Kouté, Commune de Yopougon, assisté de monsieur AKOUMAN Nandjui Ernest en qualité d’Adjoint ;

Article.3 :        les arrêtés susvisés demeurent valables en ce qui concerne monsieur Agbassi appoh Aimé ;
Article:       les frais sont laissés à la charge du Trésor Public ;
Article 5 :        une expédition du présent arrêt sera transmise au Procureur Général près la Cour de Cassation et le Conseil d’Etat, au Ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et au Préfet du Département d’Abidjan ;


           Ainsi jugé et prononcé par le Conseil d’Etat, en son audience publique ordinaire du ONZE MAI DEUX MIL VINGT DEUX ;

           Où étaient présents MM. KOBON Abé Hubert, Président de la Deuxième Chambre, Président ; ZALO Léon Désiré, Rapporteur ; BROU Kouakou N’Guessan Mathurin, Conseiller ; en présence de M. BEHOU N’Tamon Edouard, Avocat Général ; avec l’assistance de Maître LANZE K. Denis, Greffier ;

            En foi de quoi, le présent arrêt a été signé par le Président, le Rapporteur et le Greffier .

LE PRESIDENT                                                                                    LE RAPPORTEUR

                                             

                                                            LE GREFFIER